Cri du PIAF n°14

Sommaire du Cri du PIAF n°14

Editorial de Didier Grange, Président du comité de pilotage du PIAF

Nouvelles du PIAF

  • Madame vu Thi MInh Huong et Monsieur Jean-Daniel Zeller entrent au comité de pilotage du PIAF
  • Rapport annuel de fonctionnement du PIAF (2016)
  • Participation du PIAF au STIA 2016 à Paris
  • Articles et communications sur le PIAF en 2016

Autre regard sur un thème : le RGI ou les défis de l’interopérabilité en matière d’archivage numérique en France

  • Qu’est-ce que le Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI) ?
  • Par qui et comment a-t-il été élaboré ?
  • Que propose le RGI ?
  • L’impact du RGI sur l’archivage numérique

Statistiques de fréquentation du Portail en 2016

 

EDITORIAL DU CRI DU PIAF n°14

Didier Grange, Président du comité directeur du PIAF, Genève, le 4 janvier 2017.

 Coup de projecteur sur la Bibliographie Archivistique  Francophone !

 La nouvelle version du Portail a été lancée il y a neuf mois. Depuis lors,  vous êtes toujours plus nombreux à visiter le site et à utiliser les  ressources qu’il offre.

Parmi les instruments mis à disposition récemment, il en est un sur lequel je souhaite attirer une nouvelle fois votre attention : la bibliographie archivistique francophone. Celle-ci représente sans conteste un atout pour notre communauté professionnelle comme pour les personnes qui sont intéressées par les archives et l’archivistique, sans pour autant exercer le métier d’archiviste.

Pourquoi ce coup de projecteur ?

- Tout d’abord, parce que cette bibliographie est en ligne et qu’elle est de ce fait facilement accessible et consultable par tout un chacun, de manière libre et gratuite ;

- Ensuite, parce que grâce à elle, des articles, des monographies, voire d’autres types de publications, de toute la Francophonie, sont consultables en fonction de ses besoins ou de sa curiosité ;

- Aussi, parce que sans être exhaustive, elle comprend plus de 4'500 titres, ce qui en fait une base solide pour qui veut repérer des publications ;

- Parce que même si pour le moment les textes directement accessibles à partir de liens hypertextes ne sont pas encore nombreux, il en existe déjà un certain nombre et ils vont assurément se multiplier dans l’avenir ;

- Finalement parce qu’aucune autre tradition linguistique et archivistique dans le monde ne propose une ressource équivalente ;

Plus globalement, la connaissance de la littérature professionnelle est essentielle pour mieux connaître la discipline archivistique.

 

Un gigantesque chantier

Sans entrer dans trop de détails, signalons quelques nombres qui donnent une idée de l’ampleur de la tâche.

Relevons  que dans l’opération menée ces derniers mois, 1218 nouvelles références ont été ajoutées, dont 22 lois, 246 livres, 67 actes de congrès, 608 articles, 108 rapports d’institutions et 66 thèses. Ces références proviennent des quatre coins de la Francophonie : Europe (Belgique, France, Suisse, etc.), Amérique (Canada, Caraïbes, etc.), Afrique (Maroc, Sénégal, Tunisie, etc.) et du reste du monde

A cela, il faut ajouter qu’ont été joints à autant de notices 451 documents PDF, soit des copies en libre accès ou des impressions de pages web.

La nouvelle version de la bibliographie est consultable grâce au lien :

http://www.piaf-archives.org//wikindx4/

Vous trouverez en bas de la page un renvoi sur le Guide de l’utilisateur et de l’administrateur, un fort document de 139 pages, rédigé par notre collègue Simon Côté-Lapointe, disponible en PDF, qui vous permettra d’utiliser de manière efficace la bibliographie et de découvrir les fonctionnalités qu’elle offre.

 

Un effort collectif

La bibliographie mobilise de nombreuses personnes de bonne volonté et des partenaires. Aussi, j’aimerais saisir l’occasion de cet éditorial pour remercier toutes celles et tous ceux qui ont œuvré souvent dans l’ombre pour offrir ce précieux outil à la communauté. Je souhaiterais en particulier saluer le travail de Simon Côté-Lapointe, véritable homme-orchestre du renouveau de cette bibliographie ainsi que celui de Sabine Mas, membre de notre Comité de pilotage, qui a suivi de près le projet au fil des mois et y a contribué également. Il convient aussi de saluer ici l’apport substantiel des bénévoles, Mesdames Annie Beausoleil, Laetitia Le Clech, Delphine Vandycke, Iris Ruiz et Messieurs Hatem Jlassi, Sébastien Brochu et Christian Samson, sans lequel cette mise à jour n’aurait tout simplement pas été possible.

 

Au final, je vous invite donc à :

            a) utiliser cette bibliographie

            b) la faire connaître autour de vous

            c) nous communiquer vos éventuelles suggestions

            d) envisager de contribuer peut-être un jour, vous aussi, à l’alimenter.

 

 

NOUVELLES DU PIAF

 

Bienvenue aux nouveaux membres du comité de pilotage du PIAF !

Madame Vu Thi Minh Huong est diplomée de l’Ecole Supérieure de Langues étrangères de Hanoi (Département de français et d’anglais), de l’Université de Hanoï, de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint Cloud, de l’Université Paris 7 Denis Diderot et docteur en histoire.

Elle a été Directrice générale des Archives d’Etat du Vietnam (2008-2015), Vice-Présidente du Conseil International des Archives (ICA) pour le Marketing et la Promotion professionnelle des archives (mandat 2010-2012), Présidente de la Branche de l’Asie du Sud-Est du Conseil international des Archives (SARBICA) (mandat 2012-2014), Présidente du Comité National Programme « Mémoire du Monde » auprès du Comité national  de l’UNESCO du Vietnam (2012-2015).

Elle a publié plus d’une cinquantaine d’articles scientifiques et techniques dans les revues professionnelles et rédigé des guides, répertoires et collections thématiques en langue vietnamienne et en français.

Madame Vu Thi Minh Huong, membre actif de l’Association Internationale des Archives Francophones (AIAF), a organisé et animé la 2 ème Semaine international des Archives francophones suivie d’un Séminaire scientifique sur « la Formation des archivistes » à Hanoi en 2011.

Elle est depuis 2011 Vice-Présidente de l’Association des archivistes vietnamienne et depuis 2014, Vice-Présidente du Comité régional du programme Mémoire du Monde de l'Asie et du Pacifique (MOWCAP) (mandat 2014-2018) Elle est membre du comité de pilotage du PIAF depuis septembre 2016.

Chevalier des Arts et des Lettres du Ministère de la Culture française (2012). Prix d’Honneur de la Francophonie 2012 GADIF (Prix du Groupe des Ambassades, Délégation et institutions francophones).

Monsieur Jean-Daniel Zeller est spécialiste de l’archivage des documents électroniques. Après un diplôme de photographe obtenu à l’Ecole professionnelle de Vevey (Suisse), il se forme dans les domaines de la documentation et de l’informatique. Il est titulaire d’un certificat de formation continue de l’Université de Berne en archivistique et sciences de l’information (2004). Travail de certificat : Faut-il des cyberachivistes et quel doit être leur profil professionnel ?

De 1983 à 1988, il dirige le Service Courrier et Archives du Département de justice et police du canton de Genève. De1989 à 2016, il occupe le poste d’archiviste principal des Hôpitaux Universitaires de Genève.

Parallèlement, il a enseigné de 1995 à 2014 en tant que professeur vacataire à la Haute école de gestion de Genève (département information documentaire), les modules « Archivage des documents électronique » et « Gestion de projet GED ». Il a participé au MOOC du CNAM « Gérer les documents numériques : maîtriser les risques». 

Monsieur Jean-Daniel Zeller anime un blog très suivi : « Le regard de Janus ».

Il est membre de l'association des archivistes suisses (http://www.vsa-aas.org/)  depuis 1995, association au sein de laquelle il a participé à de nombreuses commissions  (formation, archives électroniques, records management, normes et standards).

Depuis février 2016, il est consultant en archivage (électronique) et gestion des documents d’activités. Il est membre du comité de pilotage du PIAF depuis septembre 2016.

 

Le rapport d'activité du PIAF (2016) est en ligne !

Vous trouverez le rapport d'activité annuelle du PIAF pour l'année 2016 ici !

 

Participation du PIAF au Stage Technique International d'Archives (STIA) 2016.

L’équipe du PIAF a participé pour la 4ème année consécutive au Stage Technique International d’Archives qui s’est tenu à Paris du 30 mai au 30 juin 2016.

La promotion 2016 compte 32 collègues provenant de 26 pays différents. Nous disposions d’une journée et demie pour présenter le PIAF et aider les collègues stagiaires à se familiariser avec les différents outils qu’il met à leur disposition. Nous avons opté cette année pour une présentation théorique plus courte du Portail et de sa plateforme collaborative E Pro. Les collègues stagiaires manipulent le Portail avant leur venue à Paris et l’utilisent, pour la plupart d’entre eux, dans le cadre de leur profession. Nous avons pu consacrer une journée entière à des exercices de cas pratiques à partir du Portail. Le premier exercice a été réalisé en binôme. Il a consisté en l’observation et l’analyse d’un portail internet d’archives, celui du département d’Indre et Loire. Le premier objectif était de dégager les points forts et les failles de ce site afin d’évaluer ce qui fait un bon portail. Le second objectif était de préparer nos collègues à leur voyage d’étude (2 jours) en Indre et Loire justement. La matinée a également été consacrée à des petits exercices de maniement de la plateforme E Pro. Au début de l’après midi, les collègues stagiaires ont été répartis en groupe de 5 ou 6 personnes. Ils ont réfléchi pendant deux heures au cas pratique suivant :

« vous avez calculé que vos magasins d’archives seront saturés dans un délai de 2 ans. Vous préparez donc un dossier auprès de l’autorité compétente pour faire la demande d’un agrandissement ou d’un nouveau bâtiment. Comment constituez-vous ce dossier ? Quelles sont les étapes incontournables ? Votre hiérarchie vous répond que, dans la mesure où toutes les archives sont aujourd’hui électroniques, vous n’avez pas besoin d’espace supplémentaire. Argumentez en retour. »

Les collègues stagiaires disposaient d’une série de liens renvoyant à des passages variés et utiles de l’espace de formation du PIAF. Cet exercice a été, de notre point de vue, un très grand succès. Il a permis aux participants -c’était le 2ème jour du stage- de faire connaissance. Tous ont joué le jeu avec sérieux et enthousiasme ce qui leur a permis de confronter leurs pratiques et leurs expériences. La restitution des réflexions, groupe par groupe, devant toute la salle, a été d’une très grande qualité.

Le compte rendu des stagiaires, à l’issue des 5 semaines, a permis d’établir que le PIAF leur avait été utile. Ils ont en particulier souligné la clarté et l’intérêt de la nouvelle section 2 du module 9 du Portail (qui porte sur la numérisation).

 

Publications et communications sur le PIAF en 2016.

Le lancement du nouveau Portail International Archivistique Francophone, en avril 2016, a été l’objet de plusieurs communications et a donné lieu à des publications dans des revues spécialisées.

Le PIAF a été présenté lors de conférences associatives à différentes reprises lors de l’exercice écoulé :

à Rabat, aux Archives nationales du Maroc, lors de la Journée nationale des Archives :

 « Le Portail International Archivistique Francophone (PIAF). Une brève introduction » [2015]

[Didier Grange]

- à Troyes, lors du Forum des Archivistes français organisé par l’Association des Archivistes Français :

« Créer une communauté apprenante entre archivistes via internet: le PIAF et ses nouveaux outils »

[Françoise Lemaire, Simon Côté-Lapointe et Didier Grange]

- à Montréal, lors du congrès annuel de l’Association of Canadian Archivists (ACA) :

« Portail International Archivistique Francophone and its New Features »

[Sabine Mas, Marcel Caya, Simon Côté-Lapointe et Didier Grange]

- à Québec, lors du congrès annuel de l’Association des Archivistes du Québec (AAQ) :

« Refonte du Portail International Archivistique Francophone (PIAF) : de nouveaux outils pour une communauté apprenante en archivistique sur le web »   

[Sabine Mas, Marcel Caya, Simon Côté-Lapointe et Didier Grange]

- à Seoul, lors du congrès quadriennal du Conseil International des Archives (ICA) :

« Le Portail International Archivistique Francophone (PIAF) : un projet, ou outil, une communauté »     [Françoise Lemaire, Basma Makhlouf-Shabou et Didier Grange]

 

 Le PIAF a été aussi l’objet de différentes publications :

Didier GRANGE, « Le Portail International Archivistique Francophone (PIAF) fait peau neuve », Archivistes !, 118, juillet-septembre 2016, p.18.

Didier GRANGE, « Un portail archivistique à découvrir : le PIAF (Portail International Archivistique Francophone ?) », Flash, 32, p.15 (en français et en anglais)

Didier GRANGE, « Une nouvelle version du Portail International Archivistique Francophone (PIAF) est disponible », Bulletin de l’AAFB (à paraître).

 D’autres publications sont en cours d’écriture et devraient paraître en 2017 notamment dans la Gazette des archives.

 

 

 

 

REGARD VERS UN THEME…

 

Le RGI ou les défis de l'interopérabilité en matière d'archivage numérique en France

 

Face aux défis que présentent l’échange et la conservation des documents dématérialisés, l’État français a mis en place, depuis 2010, une vaste politique qui s’applique à toutes les autorités administratives.

 

Il existe en France 4 référentiels généraux qui règlementent tout ce qui a trait à la dématérialisation :

  • le Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI)
  • le Référentiel Général de Sécurité (RGS)
  • le référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA), référentiel sur lequel sont tenues de s’appuyer les administrations françaises pour évaluer la conformité de leurs sites aux règles internationales.
  • le Référentiel Général de Gestion des Archives (R2GA)

 

Le Référentiel qui nous intéresse aujourd’hui est le Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI).

Pour deux raisons :

  • la version 2.0 vient d’être promulguée par l’arrêté du 20 avril 2016.
  • Le RGI intègre dans ses recommandations les problématiques de l’archivage électronique.

 

Passé relativement inaperçu aux yeux des non initiés, ce projet, piloté par la DISIC* sous l’égide du SGMAP*, est majeur en terme d’archivage.

Qu’est-ce que le Référentiel Général d’Interopérabilité ? Quels sont les impacts sur les archives ? Existe-t-il une coopération européenne, voire francophone, en matière d’interopérabilité et d’archivage ?

 

*DISIC : Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication/ SGMAP : Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique.

 

 Qu'est-ce que le RGI ?

Le RGI a été élaboré par des spécialistes (informaticiens, architectes, urbanistes des systèmes d’information).

Sa mise en œuvre a pour objectif de permettre à toutes les administrations de communiquer entre elles, « de parler le même langage technique » (Jean-Vincent Placé, secrétaire d’Etat en charge de la Réforme de l’État et de la Simplification).

Le RGI fixe les règles techniques permettant d’assurer l’interopérabilité des systèmes d’information(tout ensemble de moyens destiner à élaborer, traiter, stocker ou transmettre des informations faisant l’objet d’échanges par voie électronique). Il détermine notamment les répertoires de données, les normes et les standards qui doivent être utilisés par les autorités administratives. Les conditions d’élaboration, d’appropriation, de modification et de publication de ce référentiel sont fixées par décret. (article 11 de l’ordonnance n°2005-1516 du 8 décembre 2005).

A qui s’applique-t’il ?

Le RGI s’applique en premier lieu à toutes autorités les administratives françaises (les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics à caractère administratif, les organismes gérant des régimes de protection sociale relevant du code de la sécurité sociale et du code rural ou mentionnés aux articles L. 223-16 et L. 351-21 du code du travail et les autres organismes chargés de la gestion d'un service public administratif).

Le RGI s’applique également à tous ceux qui interviennent dans ces échanges, que ces échanges se fassent entre 2 administrations (A2A), entre une administration et une entreprise (A2B), entre une administration et un citoyen (A2C).

Par interopérabilité, on entend « la capacité que possède un produit ou un système, dont les interfaces sont intégralement connues, à fonctionner avec d'autres produits ou systèmes existants ou futurs et ce sans restriction d'accès ou de mise en œuvre ». (Portail pour la Modernisation de l’Action Publique

C’est un document destiné prioritairement aux informaticiens (concepteurs, développeurs…) et spécialistes de l’architecture technique. Toutefois, il est important d’en prendre connaissance. Pourquoi ? C’est à l’archiviste de mettre en place en amont les outils qui vont guider le producteur et faciliter le travail d’archivage.

 

 

Par qui et comment le RGI a-t-il été élaboré ?

Le RGI est le premier élément d’une série de réglementations qui vient répondre aux problèmes que suscite la dématérialisation.

Il est élaboré depuis 2011 par la Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication (DISIC), devenue en 2015 Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication (DINSIC), placée sous l’autorité du SGMAP (Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique).

La DINSIC s’occupe de tous les projets informatiques importants de l’administration française. Son action témoigne de la réelle mise en place d’une réflexion à l’échelle nationale sur les nouvelles techniques de communication. C’est donc cette Direction interministérielle qui pilote l’élaboration et les modifications des quatre Référentiels. C’est également la DINSIC qui assure le pilotage opérationnel du programme interministériel VITAM (Valeurs Immatérielles Transmises aux Archives pour Mémoire). VITAM est un socle d’archivage commun à toute l’administration. Nous y consacrerons un article au printemps dans le Cri du PIAF n°15.

 

La première version du RGI, élaborée par un Comité, a été publiée le 16 juin 2009 et approuvée le 9 novembre 2009.

Toutefois, il a toujours été entendu que cette version était appelée à évoluer et à être complétée, pour rester conforme aux normes internationales et suivre les évolutions techniques.

La version 2.0 du RGI voit le jour par l’arrêté du 20 avril 2016.  Elle est le fruit d’un travail collectif. L’équipe qui a travaillé à son élaboration comprenait – nous l’avons mentionné plus haut- des techniciens (informaticiens, développeurs, urbanistes, architectes) mais aussi un représentant du SIAF*, Monsieur Baptiste Nichele, chef de projet pour l’archivage numérique, en lien avec l’équipe projet du programme VITAM.

Cette version a fait l’objet en 2015 d’un appel public à commentaires.

*Service Interministériel des Archives de France

D’ailleurs, il est prévu que le RGI soit régulièrement remanié par un comité d’évaluation qui, tous les trimestres, étudiera les propositions d’amélioration venant d’experts.

 

Que propose le Référentiel Général d'Interopérabilité ?

LIEN vers le PDF du RGI

 

Le RGI comporte une liste de recommandations. Il ne cherche pas à imposer une solution unique à l’ensemble des autorités administratives françaises ; chacune est libre de choisir l’assemblage des standards, l’architecture et les composants, logiciels, infrastructures. Le RGI identifie des standards incontournables et propose quelques assemblages clés sous la forme de profils d’interopérabilité à retenir. Il a pour objectif de simplifier et d’introduire une certaine homogénéité dans les choix afin de mettre en place des systèmes interopérables.

Le RGI n’est donc ni un guide d’architecture des systèmes informatiques, ni un catalogue de solutions techniques.

 

Le RGI met d’autre part en évidence le fait que l’interopérabilité des systèmes ne repose pas uniquement sur l’adoption de standards ou de formats communs. C’est pourquoi le RGI définit 6 niveaux d’interopérabilité et se concentre sur trois de ces niveaux :

  • organisationnelle
  • sémantique
  • technique (protocoles d’échanges et de formats –syntaxique-)

Interopérabilité organisationnelle

Il s’agit de définir les rôles et les responsabilités des personnes qui prennent part à l’échange.

Interopérabilité sémantique

Cette partie du Référentiel fournit un tableau de définitions (données, données de référence etc.) afin d’harmoniser la compréhension et l’utilisation des principaux termes de ces échanges. Voici un extrait du tableau proposé dans le Référentiel :

Le Référentiel propose 2 standards de modélisation seulement (UML etBPMN) 

Interopérabilité technique 

Le RGI fournit une liste des standards et des formats à retenir pour les échanges de données électroniques et pour leur stockage.

Ces standards et formats sont définis avec précision. Pour plus de clarté, le RGI reproduit pour chacun d’entre eux la description proposée par Wikipédia.

Ce sont des standards/formats issus d’organismes internationaux reconnus ou bien d’organismes publics ayant produit des cadres normatifs. Ils ont tous été testés et fait leurs preuves.

 

Pour ce qui est de l’interopérabilité technique, le RGI distingue :

  • les protocoles d’échanges pour tout ce qui a trait au transport des données (HTTP par exemple)
  • la partie dite « syntaxique » pour tout ce qui concerne les formats des données échangées (ODF, PDF, JPEG par exemple)

Voici l'ensemble des standards à retenir pour ce qui est des protocoles d'échanges :

et un exemple de description de standard de protocole d'échanges :

Pour ce qui est de l'interopérabilité syntaxique, voici deux extraits du RGI :

 

L’administration choisit librement les standards/formats qui conviennent le mieux dans la liste proposée sauf :

  • si la version a une incidence
  • si le contexte ou l’usage correspondent à un profil d’interopérabilité (nous y reviendrons plus tard)

Pour chacun des standards/formats listés, le RGI propose 3 statuts :

  • retiré (le standard/format sur le point de devenir obsolète, il est donc préférable de ne pas l’adopter)
  • en observation (le standard/format est en phase de test, il pourrait passer prochainement sur la liste des standards/formats recommandés)
  • recommandé (standard/format qu’il est conseillé d’adopter)

Par exemple pour les formats de documents, le RGI recommande d'adopter ODF plutôt que TXT :

Les profils d’interopérabilité

Enfin, la grande nouveauté de la version 2.0 est la mise en place de profils d’interopérabilité

« dont le but est d'orienter les choix et éviter toute dispersion en proposant un nombre limité de standards » pour certains contextes et usages. « Quelques profils clés ont été définis. La plupart d'entre eux sont déjà utilisés, par exemple dans le cadre de France Connect, d'InterOPS pour les échanges internes à la sphère protection & sécurité sociale ou très bientôt sur le socle d'archivage Vitam ».

 

Il existe aujourd’hui 9 profils d’interopérabilité dont un exclusivement dédié à l’archivage dont voici un extrait :

 

L'impact du RGI sur l'archivage numérique

Les 4 Référentiels (RGI, RGS, RGAA, R2GA) ont des implications importantes en matière d’archivage électronique.

En effet, le développement récent des technologies de l’information a entraîné une augmentation phénoménale de la production, de l’échange et du stockage de données numériques. De plus, depuis l’année 2000 en France, l’écrit électronique a valeur de preuve juridique. L’archivage électronique est donc devenu un enjeu majeur pour toutes les directions des systèmes d’informations. Sans politique claire et globale, la perte des données est assurée et irrémédiable.

C’est ce qui explique que la problématique de l’archivage ait été prise en compte dès l’élaboration de la première version (2009) du RGI. La présence d’archivistes dans le comité d’élaboration a été requise dès l’origine du projet.

C’est également de la DINSIC qu’est venue l’idée d’instaurer un profil d’interopérabilité Archivage.

 

Le travail de Monsieur Nichele a porté entre autres sur la mise au point du Profil d’interopérabilité « Archivage » et sur la nécessité de distinguer clairement 3 formats :

  • gestion/échange
  • diffusion/consultation
  • conservation.

Pour faciliter l’archivage, il va de soi que l’homogénéisation des standards est un avantage inégalable. « L’archivage numérique nécessite une interopérabilité dans le temps des systèmes de collecte, de conservation et de consultation. »

 

L’intégration d’un profil d’interopérabilité dédié à l’archivage dans le RGI témoigne donc d’une prise de conscience et d’une volonté :

- d’une prise de conscience que l’archivage numérique suppose que l’on prenne en compte le cycle de vie des documents (de la création jusqu’au stockage final) dans son entier.

- de la volonté étatique française de mettre en place des stratégies pérennes pour conserver les données « à forte valeur juridique, stratégique et/ou patrimoniale » produite par les autorités administratives.

 

Pour mener et consolider une vraie politique étatique de dématérialisation, il faut un cadre clair et commun. Cette nécessité se fait sentir dans tous les pays et même entre les pays. La notion essentielle d’interopérabilité est donc également au centre des préoccupations de la Commission européenne. Cette dernière propose d’établir :

  • un cadre d’interopérabilité au niveau européen : European Interoperability Framework (EIF)
  • un cadre d’interopérabilité au niveau national : National Interoperability Framework (NIF)

Le Référentiel Général d’Interopérabilité est le NIF pour la France.

La Commission européenne recommande à tous les pays de l’union d’aligner leur NIF sur l’EIF. Pour accompagner ce mouvement, un observatoire (le National Interoperability Framework Observatory-NIFO) a été mis en place.

Cette politique européenne vise également à encourager la collaboration entre les différents membres, collaboration qui est réelle et efficace.

Ainsi le standard suisse SIARD (page 48) est « en observation » pour l’instant.

Autre exemple des travaux menés à l’échelle européenne autour des questions d’interopérabilité et d’archivage : le Moreq (Model Requirements for the Management of Electronic Documents and Records puis Modular Requirements for Records System). Ce recueil d’exigences/de standards pour l’archivage est régulièrement mis à jour par le DLM Forum (Document Lifecycle Management), sous l’autorité de la Commission européenne.

 

Conclusion

Pour procéder à un bon archivage, il faut un socle normatif et réglementaire (RGI), il faut aussi que ce socle s’insère dans un cadre juridique solide. C’est un autre sujet ! Vous trouverez les textes juridiques ici.

Cet article sur le RGI constitue, nous l’espérons, le premier d’une série.

Nous avons le projet de demander aux autres pays francophones comment la question de l’interopérabilité en lien avec l’archivage est traitée. Nous avons également le projet d’écrire un article sur VITAM.

 

Nous remercions infiniment Madame Claire Sibille de Grimoüard, sous-directeur de la politique archivistique du SIAF, pour avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

 

STATISTIQUES DE FREQUENTATION DU PORTAIL EN 2016

Le Piaf a été visité cette année par 93 671 visiteurs différents.

Ce chiffre est en baisse par rapport à l’année 2015. Depuis la mise en ligne du nouveau site du Portail (mars 2016), nous n’avons pas réussi encore à rétablir tous les outils de mesure de la fréquentation. Nous savons par exemple, sans pouvoir le comptabiliser précisément, que la nouvelle bibliographie francophone est très consultée par les internautes. Les chiffres qui apparaissent dans le diagramme ci-dessous ne reflètent donc que partiellement la réalité.

Le volume de la bande passante (quantité de données numériques transmises par unité de temps) est en forte augmentation par rapport à l’année précédente ce qui indique un changement de comportement des piafnautes : vous passez moins de temps sur le site mais vous téléchargez plus les PDF de cours !

Le nombre de visiteurs qui se connectent avec un tablette ou un Smartphone a également augmenté cette année (17%).

Le classement des visiteurs par pays place en tête la France et le Canada, suivis de la Côte d’Ivoire, l’Algérie, le Maroc, le Cameroun, la Tunisie, la Belgique, le Sénégal, la Suisse.

Les statistiques dont nous disposons soulignent enfin que le PIAF est très utilisé dans les écoles et les centres de formation.

 

 

Merci à tous ceux qui font, qui utilisent et qui financent le PIAF !

L'équipe du PIAF vous souhaite une lumineuse et heureuse année 2017 !

Caroline Becker, webmestre du PIAF.

 

Comment adhérer et contribuer ?

  • par vos contributions aux différents modules. Si vous souhaitez apporter des contributions au Portail ou faire part d’informations qui vous paraissent importantes, vous pouvez remplir les formulaires dédiés à cet effet sur la page d’accueil du portail. N’hésitez pas !   
  • par votre aide financière (adhésion à l’ AIAF). Votre adhésion à l’Association Internationale des Archivistes Francophones permettra d’assurer la pérennité du Portail ! Pour cotiser, cliquez ici
  • en vous inscrivant à un groupe de travail sur un thème donné dans l’espace « E-Professionnel ». Vous pouvez contacter le webmestre Caroline Becker pour prendre connaissance des travaux en cours et vous inscrire.

Portail international archivistique francophone - © aiaf
Comité de pilotage : Didier Grange; Marcel Caya; Ibrahima Lo; Anne-Marie Bruleaux; Elisabeth Gautier Desvaux; Basma Shabou Makhlouf ; Hélène Cadieux ; Aida Chebi ; Yamina Mahmoud ; Sabine Mas ; David Rajotte, Françoise Lemaire, Jean-Daniel Zeller, Minh Huong vu Thi. Publication : Caroline Becker. Maquette : Eric Ferrante